Deux ex-Premiers ministres candidats à la présidentielle algérienne

Deux ex-Premiers ministres candidats à la présidentielle algérienne

L’autorité électorale algérienne a annoncé, samedi 2 novembre, avoir validé les dossiers de cinq candidats à l’élection présidentielle prévue le 12 décembre, dont ceux de deux ex-Premiers ministres du président déchu Abdelaziz Bouteflika.

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Abdelmadjid Tebboune, ancien Premier ministre sous l'autorité d'Abdelaziz Bouteflika, est candidat à la présidentielle, prévue le 12 décembre. Crédit: Ryad Kramdi/AFP

Au total, 23 candidats ont déposé leur dossier en vue de participer à ce scrutin destiné à trouver un successeur à Abdelaziz Bouteflika, forcé à la démission début avril après 20 ans au pouvoir, a précisé le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, lors d’une conférence de presse à Alger. L’ANIE est censée offrir des garanties de sincérité au scrutin. Désormais, le Conseil constitutionnel a sept jours pour rendre officielle la liste des candidats, après d’éventuels recours.

Les anciens Premiers ministres Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune en lice

Parmi les cinq candidatures retenues sur les 23 dossiers, deux anciens Premiers ministres sous l’autorité d’Abdelaziz Bouteflika : Ali Benflis, autrefois directeur de cabinet à la présidence, et Abdelmadjid Tebboune, par ailleurs plusieurs fois ministre.

Ali Benflis, 75 ans, se présente depuis 15 ans comme le principal opposant de Bouteflika, dont il fut chef du gouvernement en 2000. Limogé en 2003, il est candidat contre Abdelaziz Bouteflika l’année suivante, puis en 2014. Il arrive à chaque fois deuxième, très loin derrière un président réélu avec plus de 80 % des voix. Ancien secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), il a fondé le Parti avant-garde des libertés.

De son côté, Abdelmadjid Tebboune, 73 ans, a été haut fonctionnaire, puis plusieurs fois wali avant d’être nommé ministre de la Communication d’Abdelaziz Bouteflika à son arrivée au pouvoir en 1999. Ce dernier le rappelle au gouvernement en 2012 et lui en confie la tête en mai 2017, avant de le limoger trois mois plus tard sur fond de lutte de clans dans son entourage. Abdelmadjid Tebboune se définit comme candidat “indépendant”.

Les trois autres candidatures retenues

Azzedine Mihoubi fait partie des cinq candidatures retenues. A 60 ans, il dirige depuis quelques mois le Rassemblement national démocratique (RND), pilier de la coalition ayant soutenu Abdelaziz Bouteflika durant sa présidence. Il était son ministre de la Culture jusqu’en mars.

Le quatrième candidat est Abdelkader Bengrina, ancien ministre du Tourisme (1997-1999) et ancien député d’Alger. Il est issu d’un parti qui a soutenu le président déchu : El-Bina (Construction), petit parti membre d’une coalition islamiste, dont l’un des députés a été élu en septembre à la présidence de l’Assemblée nationale.

Le cinquième, Abdelaziz Belaïd, a notamment fait partie d’organisations de jeunes qui ont aussi soutenu l’ancien président. Cet ancien cadre du FLN a fondé le Front El-Moustakbel, microparti proche du pouvoir.

Des élections sous haute tension

L’élection du 12 décembre est rejetée par le mouvement de contestation inédit né fin février dernier et sous la pression duquel Abdelaziz Bouteflika a été forcé par l’armée à démissionner à deux semaines de la fin de son quatrième quinquennat. Le pouvoir a dû annuler, faute de candidats, un premier scrutin prévu le 4 juillet. Le mouvement de contestation refuse que l’élection présidentielle soit organisée par le pouvoir, aux mains d’ex-figures des 20 ans de présidence Bouteflika.

 

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