Entre tristesse et espoir d'une grâce royale, plusieurs personnalités réagissent à la condamnation du journaliste en appel

Entre tristesse et espoir d'une grâce royale, plusieurs personnalités réagissent à la condamnation du journaliste en appel

Attristés, surpris ou choqués pour certains, sans voix pour d’autres... Hassan Aourid, Abdelilah Benkirane, Nabil Benabdellah et plusieurs personnalités ont réagi à l’alourdissement de la peine de Taoufik Bouachrine en appel.

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Taoufik Bouachrine, ancien directeur du quotidien Akhbar Al Yaoum. Crédit: Rachid Tniouni/TELQUEL

Après avoir été condamné à 12 ans de prison en première instance, le journaliste Taoufik Bouachrine a vu sa peine alourdie à 15 ans de prison ferme en appel, suite au jugement rendu le 25 octobre par la Cour d’appel de Casablanca. Pour rappel, le fondateur d’Akhbar Al Yaoum et d’Al Yaoum 24 était poursuivi pour “traite d’êtres humains”, “abus de pouvoir à des fins sexuelles” et “viol et tentative de viol”.

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ONG et politiques réagissent

Cette nouvelle condamnation a fait réagir des ONG internationales mais aussi des personnalités de tout bord. Parmi elles, l’ancien historiographe du royaume Hassan Aourid qui se dit “surpris” par l’alourdissement de la peine du journaliste. “Compte tenu du contexte du procès, qui s’est déroulé en concomitance avec le communiqué du palais royal annonçant la grâce de la journaliste du même support, Hajar Raissouni, il semblait que ce dossier allait trouver une issue, mais finalement ce n’est pas le cas. Et je ne peux pas prédire une grâce royale prochainement, mais tout est possible”, explique-t-il dans l’édition du 28 octobre du quotidien Akhbar Al Yaoum. Le bâtonnier Abderrahim Jamai, lui, parle d’un jugement qui porte atteinte aux “valeurs de l’équité” et estime que “seule une grâce royale pourrait remédier à la violence de l’application de la loi”.

La nouvelle condamnation de Taoufik Bouachrine a également fait réagir la classe politique. Ainsi, l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane se dit “choqué” et “attristé” par la condamnation en appel de Taoufik Bouachrine. “J’ai du mal à m’exprimer, car que je suis incapable de parler” dit-il. Cette tristesse est aussi évoquée par l’ancien ministre de la Culture, Mohamed Achaari, qui confie à Akhbar Al Yaoum : “Je suis profondément attristé par la dureté du jugement contre Taoufik Bouachrine, que j’ai toujours considéré comme un journaliste audacieux, capable d’exprimer les préoccupations élémentaires des citoyens (…) l’éloigner de la scène médiatique est une grande perte.”

Choqué par le verdict, l’actuel secrétaire général du PPS Nabil Benabdallah a déclaré : “Nous espérions tous que le jugement en instance soit revu ou annulé, mais ce ne fut pas le cas. Je réitère mon appel à trouver une solution afin de tourner cette douloureuse page.

Le parlementaire PJD Abdelali Hamiedine estime que le fondateur d’Akhbar Al Yaoumpaie le prix de ses positions et de ses mots”. Il poursuit : “Je suis certain que ceux qui dirigent le pays sauront trouver avec sagesse une issue à cette affaire. A la lumière de la grâce de Hajar Raissouni, son fiancé et les autres. Cette décision était un message fort qui affirme que l’institution monarchique suit ce genre de dossiers avec raison et indulgence. Donc j’espère qu’une grâce royale va mettre fin à ce cauchemar.”

RSF dénonce un “acharnement judiciaire”

Pour sa part, Reporters sans frontières (RSF) a réagi ce 28 octobre au verdict. “Un tel acharnement judiciaire contre Taoufik Bouachrine est incompréhensible. Nous appelons la justice marocaine à abandonner les charges qui pèsent contre le journaliste et à le libérer au plus vite”, indique Souhaieb Khayati, directeur du bureau Afrique du Nord de RSF. L’organisation rappelle qu’“un avis rendu en janvier 2019 par un groupe d’experts du Conseil des droits humains des Nations unies a d’ailleurs estimé que la détention de Taoufik Bouachrine est ‘arbitraire’ et qu’il est victime de ‘harcèlement judiciaire’”.

Ce groupe onusien aurait envoyé le 28 octobre une correspondance à l’exécutif marocain “demandant des éclaircissements sur les raisons pour lesquelles Taoufik Bouachrine n’avait pas été libéré”, affirme Al Yaoum 24.

L’AFP rappelle que le journaliste a boycotté les dernières audiences de son procès pour dénoncer ce qu’il considère comme un parti pris de la justice. Il a cependant tenu à exercer son droit de parole en se disant à nouveau innocent et en espérant une sentence “juste”. La sentence de la Cour d’appel de Casablanca a été prononcée après sept heures de délibéré, devant quelques avocats et journalistes, avant que l’éditorialiste ne soit emmené en prison.

 

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