Démission de Mezouar, un drame en trois actes

Démission de Mezouar, un drame en trois actes

Tancé par le “gouvernement de Sa Majesté” après une analyse de la situation en Algérie, le président de la CGEM a été contraint de démissionner. Ce départ forcé plonge le patronat dans le chaos. Récit des coulisses.

Par

Telquel

Trois jours après l’évènement, les participants à la Word Policy Conference (WPC) de Marrakech ne parlaient encore que de ça. L’intervention du président de la CGEM, Salaheddine Mezouar, lors d’un panel le 12 octobre, restera assurément dans les annales. Ça aurait pu être pour la qualité de son analyse, au cours de laquelle il a décrit un billard géopolitique à quatre bandes entre la Chine, les Etats-Unis, l’Europe et le Maghreb.

Mais ce sont surtout les conséquences de son franc-parler qui resteront. Au lendemain de son intervention, le ministère des Affaires étrangères diffuse un communiqué cinglant au nom du “gouvernement de Sa Majesté”, dénonçant “cette démarche irresponsable, maladroite et irréfléchie”. Les mots sont durs, davantage encore en arabe. “M. Salaheddine Mezouar a cru devoir commenter la situation interne en Algérie. […] La CGEM ne peut se substituer au gouvernement de Sa Majesté le Roi dans la prise de position sur les questions internationales et notamment le développement dans ce pays voisin”, poursuit le communiqué.

Quelques minutes après la diffusion de ce communiqué par l’agence MAP, Salaheddine Mezouar envoie un...

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