Le bureau politique du PPS joue la carte de “l'union” pour tourner la page

Le bureau politique du PPS joue la carte de “l'union” pour tourner la page

Le bureau politique du PPS a tenu, ce 8 octobre, une réunion dans une période mouvementée, seulement quatre jours après la validation du Comité central d'acter son départ du gouvernement et la démission du bureau d'Anas Doukkali.

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Le secrétaire général du PPS Nabil Benabdallah, à l'issue du Comité central du parti le 27 octobre. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

La réunion d’après. Le bureau politique du parti du progrès et du socialisme (PPS) s’est réuni, ce 8 octobre à Rabat, quatre jours seulement après la houleuse session extraordinaire du Comité central. Une session qui a tourné au vinaigre et à la rixe, après le vote des “camarades” concernant le retrait du parti au livre du gouvernement, acté à 234 votes pour, 34 contre et 6 absentions.

Au bureau politique, on a préféré rester concentré sur l’essentiel : “Nous avons réitéré notre satisfaction quant à notre choix de quitter le gouvernement”, relate, à TelQuel, le secrétaire général du parti, Nabil Benabdallah. Il revient sur une position “largement” suivie tant par le comité que par l’ensemble des bases du parti, des organisations et au-delà. “Notre décision a été accompagnée d’énormément de commentaires favorables au sein de l’opinion publique et des médias”, ajoute-t-il, sans omettre toutefois la présence de “quelques critiques”. Circulez, il n’y a rien à voir ?

Excuses publiques et série de mesures

En pleine période de remaniement, où l’on sait d’ores et déjà que le PPS prendra place au sein de l’opposition, l’ancien parti communiste a connu un vote houleux. Farouchement opposé à la décision du bureau, Anas Doukkali a vivement fait part de sa désapprobation. Pris à partie par Charafat Afilal, qui l’accusait plus tôt “d’opportunisme”, l’ancienne secrétaire d’Etat chargée de l’Eau s’était expliquée, à Medias24, dénonçant “l’influence” sur le déroulé du vote de l’actuel ministre de la Sante, coupable selon elle de pousser “une poignée de jeunes” au sabotage du processus.

Tous étaient présents à la réunion du bureau le 8 octobre, sauf un : Anas Doukkali, démissionnaire le 6 octobre. Dans son communiqué, le bureau politique annonce prendre “une série de mesures disciplinaires” contre le comportement de certains membres du Comité central. Des agissements “infantiles et inacceptables”, étaye Nabil Benabdallah. Et d’ajouter : “Nous avons pris la décision de renouveler les excuses présentées au peuple marocain.

Des excuses également attendues par les principaux concernés, au nombre de “trois ou quatre”, précise-t-il, sans plus de détail. Une demande motivée par des comportements “visant à semer le désordre en réunion, n’acceptant pas un verdict démocratique”, et faisant également suite à des “accusations graves proférées à l’encontre du parti dans des médias publics”, explique le secrétaire général. Ce dernier attend des excuses publiques “pour réparer le tort et les dommages”.

Quant aux sanctions, elles prendront “différentes formes” selon Nabil Benabdallah, qui attend de voir “l’autocritique” et “les réactions à venir” des intéressés. Un éventuel remplacement numérique d’Anas Doukkali, qui a fait part de sa démission du bureau ? Le secrétaire général n’a pas souhaité aborder la question, mentionnant seulement “que ça ne se passait pas comme cela”.

Quid des séquelles ?

C’est que les récentes sorties du ministre de la Santé ont de quoi éveiller des soupçons. Ce dernier, convoquant la presse au siège de son ministère le 7 octobre, s’est montré virulent contre Nabil Benabdallah, évoquant un vote “vicié” et un secrétaire général responsable “d’un climat de peur”.

Ma démission ne veut pas dire que je quitte le PPS, bien au contraire, annonce Anas Doukkali dans des propos relatés par Médias24. J’appelle d’ailleurs à la convocation d’un congrès extraordinaire pour donner la parole à tous ceux qui ont été négligés (femmes et jeunes) et pour redresser la situation politique du parti.”

En attendant de voir l’ampleur des séquelles, le parti préfère rester tourné vers l’avenir. D’autant qu’une nouvelle phase l’attend, après 20 ans de présence au sein des différents gouvernements successifs.

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Le bureau politique a décidé d’encourager toutes les structures de parti à organiser des réunions internes et externes, pour débattre des répercussions de cette situation et des formes et méthodes de lutte nécessaires dans différentes façades sociales, à l’horizon de la session ordinaire du Comité central de la deuxième quinzaine de novembre”, mentionne le communiqué.

D’autant que le parti au livre doit renouer avec toute une didactique d’action dans l’opposition. “Il y en a qui ont perdu les mécanismes d’action, sourit le secrétaire général. Notre vision est désormais tournée vers les débats internes, pour que tout le monde soit imprégné des forces d’action. C’est ainsi que nous développerons notre action.

S’il a salué les réussites de l’université d’été annuelle et du meeting d’Agadir, le secrétaire général explique que d’autres congrès régionaux vont se poursuivre jusqu’à mi-novembre. Une preuve de l’action continue pour lui : “Il y a une interaction positive de la société à l’égard de notre position, que nous devons maintenir, et toutes les régions vont tenir leur congrès.”

Et de conclure, en rebond aux derniers jours mouvementés : “Le parti travaille et travaillera dans l’union et l’homogénéité. De ce point de vue là, aucun problème.

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