France : Les défenseurs d'Omar Raddad réclament la prise en compte de nouveaux éléments

Les défenseurs d'Omar Raddad réclament la prise en compte de nouveaux éléments

Depuis novembre dernier, la défense d'Omar Raddad réclame les résultats d'une contre-expertise obtenue en juillet 2018. Le 12 mars, l'association Dynamic Maroc s'est mobilisée devant le Palais de justice de Nice pour demander la prise en compte de nouveaux éléments ADN et ainsi relancer l'un des principaux feuilletons judiciaires de ces trente dernières années. 

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Crédits AFP

Omar Raddad peut-il espérer un procès en révision ? Ses soutiens et son avocate en sont convaincus. Devant le Palais de justice de Nice, le 12 mars, l’association Dynamic Maroc s’est réunie pour demander “justice pour Omar Raddad”. Les membres de cette association attendent les résultats de la contre-expertise obtenue en juillet 2018. Ils espèrent surtout que la justice prenne en compte les traces d’ADN retrouvées sur les lieux du meurtre de Ghislaine Marchal, riche veuve de 65 ans retrouvée assassinée en 1991 dans sa résidence située sur les hauteurs d’Antibes, dans le sud de la France.

Suite à la conférence de presse, à laquelle étaient conviés la presse régionale et nationale, quelques soutiens se sont…

Publiée par Dynamic Maroc sur Mardi 12 mars 2019

Notre mobilisation avait surtout pour objectif de réclamer les résultats des analyses ADN et demander que la justice soit impartiale”, nous explique Najwa El Haité, juriste et porte-parole de l’association Dynamic Maroc. Composée de “nombreuses figures issues des banlieues”, cette association avait mis en ligne le 22 novembre une pétition pour faire ressurgir l’Affaire Raddad dans l’espace public et demander une révision du procès de l’ex-jardinier marocain condamné en 1994 à dix-huit ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Ghislaine Marchal, avant d’être partiellement gracié par Jacques Chirac en 1996.

Désormais, la pétition compte plus de 2.200 signataires et Dynamic Maroc multiplie les actions pour se faire entendre. “Nous ne voulions pas nous cantonner à Paris et sa banlieue, détaille notre interlocutrice. Nous avons une correspondante de l’association à Nice qui, de manière judicieuse, demandait de nous mobiliser à l’endroit où sera prise la décision de justice”.

Omar Raddad, l’histoire sans fin ?

A l’origine de cette nouvelle mobilisation, on retrouve des propos prononcés par le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, qui ont irrité l’association et les défenseurs d’Omar Raddad. Début mars, le procureur de Nice a répété “qu’on ne peut pas aller plus loin” dans les expertises d’ADN trouvées sur la porte et des chevrons sur le lieu du crime. “Tant qu’il ne sera pas possible de pouvoir dire si les traces ADN repérées sur les objets sont antérieures, concomitantes ou postérieures aux faits, leur recherche ne prouvera rien. Ce sont des objets qui, depuis le moment des faits, et ça commence à dater, ont été manipulés par plusieurs dizaines de personnes y compris à l’audience où on voyait Me Vergès qui redessinait avec son doigt sur les lettres d’ ‘Omar m’a tuer’”, déclarait-il, lors d’un point presse.

Cette sortie nous a surpris”, explique Najwa El Haité qui indique que “maître Vergès avait démenti avoir mis les mains sur la phrase écrite avec le sang de la victime, car la pièce était sous scellé”. “Jean-Michel Prêtre n’est plus en charge du dossier et le procureur général d’Aix-en-Provence, qui a rouvert l’enquête, a accepté les charges de Maître Noachovitch, l’avocate d’Omar Raddad, poursuit-elle. C’est comme si l’on disait ‘circulez, il n’y a rien à voir’ pour clore le dossier alors qu’il a été constaté qu’il manquait un allèle sur un ADN trouvé. D’où la contre-expertise. La sortie du procureur n’est pas normale”, estime la juriste. De plus, une des empreintes exhumées dans ce dossier colle avec celle d’un homme dans la Nièvre, connu des services de police.

La sortie du procureur a aussi “étonné” Sylvia Noachovitch, l’avocate d’Omar Raddad. Celle-ci avait déposé un recours devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence pour une contre-expertise qu’elle a obtenue en juillet dernier. Une étape qui est “un préalable à la saisie de la Cour de révision pour réexaminer la condamnation d’Omar Raddad”, explique le manifeste de la pétition.

Réactiver la fibre marocaine

D’après Najwa El Haité qui en est à l’origine, la pétition a permis de donner un écho à la cause d’Omar Raddad sur les réseaux sociaux depuis novembre 2018. “Sur notre page Facebook, énormément de gens [18.000 likes, NDLR] se sont mis à suivre, à liker la page. Il y a même des gens qui ont connu Omar Raddad qui, dans les commentaires, témoignent”, affirme la porte-parole de Dynamic Maroc.

Najwa El Haité précise qu’Omar Raddad se trouve encore au Maroc, avec sa mère, et qu’il reste dans un “état psychologique fragile”, et que cette affaire “l’a détruit”. Elle compte toujours réactiver la fibre marocaine pour relancer le dossier, avec l’appui de certains soutiens comme le présentateur de 2M, Ouadih Dada qui “n’a jamais cru en la culpabilité d’Omar Raddad”.

On souhaite interpeller les pouvoirs publics au Maroc, car il s’agit d’un ressortissant marocain. Il ne faut pas qu’il y ait une justice à deux vitesses.” Avant de conclure : “Dès l’annonce des résultats de la contre-expertise, nous nous rendrons au Maroc avec maître Noachovitch pour y donner une conférence de presse”.

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